Qu'est Villeneuve devenue ?
Villeneuve une ville normale ?
Un long article du Midi Libre du 18 mai mettait en lumière la longue glissade qui a amené Villeneuve à devenir une banlieue chic et résidentielle d’Avignon où l’activité qui régnait au XXième siècle s’est peu à peu transformée en une retraite aseptisée prisée des classes privilégiée. Il n’y a rien d’une fatalité dans ce processus qui trouve son fondement dans un processus de désindustrialisation en marche depuis que la culture libérale a pris le pas sur le keynésianisme, processus amplifié ici par une volonté politique imprimée depuis plus de quinze années et qui a fait en sorte de vider la ville de tout ce qui en son temps faisait son dynamisme. Les tisserands, les échoppes du centre ancien, les commerçants, … ont peu à peu fait place à des logements où seuls les milieux aisés peuvent prendre pied. La fiscalité élevée, la fermeture du comité des fêtes, le rejet de mixité, les projets de résidence de luxe qui aujourd’hui vont fendre le cœur du centre Paul Gâche, la fermeture du commissariat de police, la non maîtrise du foncier, le manque de volonté de fédérer le tissu associatif autour d’une maison commune, …sont autant de choix que justifient le constat actuel et le repli résidentiel qui fait de Villeneuve une banale ville de banlieue aisée où chacun vient dormir en craignant toutefois les rapines des week-end passés à la montagne ou au bord de la mer. La ville s’endort peu à peu autour de ses piscines pendant que les cambrioleurs profitent des rues désertes mises à l’abri de murs d’enceinte toujours plus hauts. Depuis l’hôtel de ville, on communique, les jeunes sont priés de rester chez eux, Avignon est invité à rester de l’autre côté du Rhône et, de mandature en mandature, les villeneuvois reconduisent toujours la même politique en pensant de bonne foi qu’elle est la seule à convenir à leur état. Et pourtant…
Pourtant, rendre à Villeneuve un visage dynamique tourné vers l’avenir est chose possible sous réserve de volonté. Mettre en valeur son patrimoine hors du commun au profit du tourisme et de l’économie locale, faire venir la jeunesse jusqu’en son centre par un urbanisme approprié, renouveler les générations par des leviers fiscaux adaptés, fédérer le tissu associatif autour d’une structure commune, œuvrer pour faire admettre des infrastructures qui désenclaveraient Villeneuve en étant à l’écoute des collectifs et des bonnes volontés (soutenant le TER rive droite, le tramway aujourd’hui abandonné pour Villeneuve, les véritables liens en transports doux intra et extra urbains, la rhodanienne 22 voies…) profiter activement de l’intercommunalité dans le domaine des arts et autres compétences, transformer les voisins vigilants en voisins solidaires, rendre actif le droit de préemption des baux commerciaux pour réactiver un tissu commercial et artisanal de proximité, protéger les garrigues et les rendre attractives, imaginer un éco-quartier jeune à énergie positive dans la zone de la Combe, susciter l’envie de fêtes populaires et faire du lien… L’intercommunalité, le Conseil Général, le Conseil Régional, l’État et même l’Europe pourraient au regard de sa singularité architecturale et géographique de la ville, aider la municipalité à sortir de sa torpeur. Il suffirait juste qu’elle en ait la volonté...aujourd’hui, elle n’en a pas pour cela.